Demain le monde, sur Canal+

Demain le monde

Que se passerait-il si les présentateurs des années 70 débattaient des phénomènes sociaux des années 2000 ? Internet, la vague anti-Bush, les excès de la consommation de masse… Comment tout cela serait-il vu par des journaleux des années 70 ? C’est la question que se sont posés les créateurs de l’émission Demain le monde, joyeux mélange de comédie et de journalisme.

Controverse et pelles à tarte

Sur un plateau télé des années 70 (canapés cuir couleur caca, éclairages pisseux, brushings ravageurs et fringues d’époque), des chroniqueurs des années 70 (interprétés par des comédiens) sont réunis pour réagir à des reportages d’actualité. Mais pas de leur actualité, puisque les reportages diffusés portent sur l’actualité du futur de maintenant. 2004 et après, quoi. Des chiottes-pièces à vivre au rock chrétien, toute une série de tendances de notre époque sont ainsi dénichées pour être ensuite commentées sur le plateau par nos charmants chroniqueurs des seventies.

Les reportages en eux-mêmes sont en général rafraîchissants et traitent de sujets insolites avec juste ce qu’il faut d’impertinence pour sortir des sentiers battus. On y découvre comment l’industrie du luxe a lancé la tendance du “luxe caché” (une bague dont les diamants sont incrustés à l’intérieur de l’anneau, des perles véritables recouvertes de plastique etc.), on y fait un tour au pays des chiottes design, on visite le site de graphistes pas très politiquement corrects… Bref, c’est pas banal.

Pendant ce temps, côté plateau prend vie une parodie des émissions débats. Sur les canapés cuir de Demain le monde, on retrouve donc tous les personnages-types de ce genre de programmes : le réac-chiant (Jacques Duclos), la blonde un peu potiche (Christine Barbieux), les “jeunes fous” (Thierry Bonsergent et Yvon Perrard) et bien sûr, le présentateur bougon mais sympa quand même (Amaury Feuillegrain). Bien entendu, tout ça se frite, se congratule ou se coupe la parole, en s’efforçant toutefois de ne pas se faire taper sur les doigts par la censure.

Faux Candides

Difficile de ne pas se marrer en voyant ces personnages d’un autre âge découvrir la vie du futur. Pourtant, Demain Le Monde, faux “magazine d’anticipation et de prospective” (…)”, n’est pas qu’un divertissement rigolo au pays des cols roulés et des pantalons pattes d’eph. C’est aussi un moyen de pointer du doigt les contradictions et les excès de notre petit monde. Car à travers l’étonnement ou l’indignation de Christine, Amaury, Yvon et les autres, Demain le monde attire l’attention sur des phénomènes aberrants ou rigolos, qui nous paraissent presque banals. Ca a beau être dit sur le ton de la rigolade, ça a beau rester en surface des débats, ça fait du bien au moins pour une raison : ça change de ce qu’on a l’habitude de voir.